Le conseil d'administration de l'association Sauve Garrigue est représenté par : PRÉSIDENTE : Madame Granon Hélène - TRÉSORIER : Monsieur Gaillard Eric SECRÉTAIRE : Madame Laune Sylvie - MEMBRES PARTICIPANTS : Monsieur Garelli - Monsieur Musslin
La garrigue :
La Garrigue est une formation végétale méditerranéenne des sols calcaires constituée de chênes kermès, d’arbustes aux feuilles persistantes et coriaces (ciste, arbousier, myrte, lavande, thym, laurier-tin, cade, églantier etc.) La Garrigue est une forme de dégradation commune aux forêts de chênes verts sur sol calcaire, détruites par le feu ou l’abus de pâture. La Garrigue peut se dégrader à son tour en pelouse à graminées xérophiles ( blé, riz, avoine, maïs, mil..). Dans la Garrigue nîmoise la dégradation a surtout été l’oeuvre de l’homme. Pendant des siècles, les Nîmois ont coupé les branches de chênes verts pour chauffer les fours à pain et le gros bois servait au chauffage des maisons. En conséquence, le Pin d’Alep s’est implanté dans la Garrigue au point de présenter actuellement des zones de forêts. C’est un arbre très sensible au feu et il serait bon de profiter de ces situations certes regrettables que sont les incendies pour reboiser ces zones en feuillus dont l’humus a pour particularité de retenir l’eau. Par contre les aiguilles de pin facilitent le ruissellement et l’humus qu’elles produisent est très acide et ne favorise pas la végétation sous les pinèdes
Précisions : Cet espace naturel spécifique, entité géographique universelle, se déploie sur environ 18 000 hectares, délimité: -
au Nord par la commune de Russan et les Gorges du Gardon -au Sud par la ville de Nîmes -à l’Ouest par la commune de Gajan -à l’Est par la commune de
Cabrières Cet immense espace constitue un poumon vert indispensable qu’il faut conserver. Pour la partie Nîmoise, dans le passé récent, la Garrigue a
été amputée de plusieurs secteurs: - à l’Ouest de la ville pour créer la ZUP - au nord Ouest plus pour créer le Golf de Vaqueyrolles et ses
quartiers fortement urbanisés.
UNE DEFINITION DE LA GARRIGUE :
-
La garrigue est espace naturel unique constitué par
:
une formation végétale basse (< 2 mêtres) plus ou moins ouverte, composée en grande partie d’arbustes, d’arbrisseaux et de sousarbrisseaux, résultant de la régression de la forêt méditerranéenne, le plus souvent par incendie ou surpâturage, sur sol généralement calcaire
- une terre pauvre grise ou rouge. - des pierres de toutes formes. - des murs de pierre sèche. - le parfum capiteux du thym et l’odeur fauve et sensuelle des genêts en fleurs. - un espace sec qui par temps de mistral. - le soleil implacable. - des sources...nombreuses et discrètes. - des puits creusés dans la roche par les anciens. - des cadereaux à sec qui se transformant en torrents de montagne à l’automne. - une philosophie, des coutumes et des traditions. - une page d’histoire qu’il faut continuer. - le ' Toit de Nîmes' et le nord de la ville.
LE TOIT DE NIMES. C’est le SERRE de GARDE- MONNIER 214 m situé à 1 km à l’ouest du camp bâti des Garrigues sur la ligne de partage des eaux de ruissellement. Tour de guet pour la D.F.C.I. L’eau qui tombe au Nord de la Tour va à la mer via le Gardon. L’eau qui tombe au sud va à la mer via les cadereaux et le Vistre. Terrain militaire. La tour de Tholozan ( moderne ) est 208 m et est située en aval du Pare-feu et 750 m au Sud Ouest du Serre de Garde -Monnier. C’est la zone habitée la plus haute de Nîmes. L’écusson est à 50m
L’ARMEE DANS LA GARRIGUE. L’armée est présente dans la Garrigue depuis 1875. C’est le maire de Nîmes Mr. Blanchard qui signa avec les autorités militaires un contrat qui permit à la ville de posséder une garnison composée de plusieurs régiments d’artillerie de campagne hippomobile. La présence de cette garnison représente un fait économique important pour la ville. Le camp des Garrigues mesure 5 400 hectares environ dont 1 800 appartiennent à Nîmes, une autre partie appartient à l’État, le reste relève des communes de Russan et de Poulx. L’activité militaire reste intense sur le camp avec la venue régulière d’unités extérieures ou étrangères. La Garrigue est recouverte d’une végétation très dense où les pinèdes de Pin d’Alep sont prépondérantes et le camp des garrigues compte 10 sources dont 7 sont pérennes. Tant que l’armée occupera le camp des garrigues, la Garrigue nîmoise sera protégée de l‘urbanisation.
LES MURS DE LA GARRIGUE : Dans le passé, les Rachalans, les
masetiers ont érigé des murs de pierre sèche pour délimiter leurs masets, leurs parcelles. Parfois c’était même les fameux
“CLAPAS”, énormes murs très larges édifiés en utilisant les pierres se trouvant sur le terrain afin de favoriser une petite agriculture
d’appoint. Les murs ordinaires n’étaient pas très hauts, il fallait marquer son territoire mais sauvegarder la convivialité qui était la règle
en Garrigue. Les murs de la Garrigue sont très beaux en pierre sèche, en pierres bâties avec mortier non apparent, en pierres bâties jointées au
mortier.
VOIRIE ET CIRCULATION EN GARRIGUE : En règle
générale, en Garrigue, les voies de communication sont très étroites car dans une grande majorité, ces voies ne sont que les chemins qui existent depuis
un très lointain passé. A cette époque il n’y avait que des masets et les masetiers utilisaient les cadereaux, toujours ou presque toujours à sec, comme
chemin. La circulation est donc très ralentie, les croisements sont très difficiles ou impossibles. La population ne s’en plaint pas, craignant- à juste titre-
que l’élargissement des voies favorise l’urbanisation intensive s’il y a la diminution des surfaces constructibles. Très souvent ces chemins, en fond de
vallon, se sont donc progressivement crées dans le lit même des cadereaux. Quelques exemples: cadereau d’ALES ancienne route d’ANDUZE chemin du BOIS de MITTAU
cadereau d’ARQUES chemin de FONT CHAPELLE rue de VALMY cadereau d’UZES chemin de CALVAS chemin de la FONT du ROSSIGNOL cadereau de COURBESSAC chemin du MAS CHRISTOL
PROJET DE PARC NATUREL MUNICIPAL SUR LES TERRES DE ROUVIERE : Superficie: environ 50 hectares -Situation: entre le chemin du PIED du BON DIEU et le chemin du MAS de ROULAN au milieu de la zone urbanisée de la Garrigue à 3 000 m du centre ville. Altitude 165 m à l’ouest et 100 m à l’est - Végétation d’origine: OLIVIERS - Végétation actuelle : PIN d’ALEP Reboisement en feuillus, indispensable - Végétation actuelle : GENETS - 3 sources 1/ source intermittente NORD - EST 150 m 2/ source pérenne EST 155 m 3/ source intermittente 3 ème source 125 m - Possibilité de creuser un lac d’environ 4 hectares au nord du Mas de Rouvière alimenté par la source. - Aménagement d’activités de plein air sans nuisances de bruit ni de pollution. Au contraire l’urbanisation de cette zone provoquerait des risques d’inondation supplémentaires par l’arrivée de grandes masses d’eau dans le cadereau d’UZES via le fossé des Terres de Rouvière et de plus mauvaises conditions de circulation par l’augmentation du parc de voitures.
En projet bien avancés: - le Bois des Espeisses à l’Ouest - le Mas d’Escattes à l’Est A Nîmes la Garrigue s’étend -sur 15000 m d’ouest en est entre le Mas des Crottes et le Mas de Fontfroide. -sur 6 000 m du nord au sud entre la Combe de Mange -Loup et la ligne SNCF vers Alès. soient environ 9 000 hectares ce qui représente plus de 55% des 16 185 hectares de la ville de Nîmes Cette zone de Garrigue Nîmoise abrite plus de 20 000 personnes dont les foyers ne sont pas reliés au réseau d’assainissement.
CREATION DE ZONES HUMIDES EN GARRIGUE. Les zones humides sont indispensables à l’équilibre de la nature. Il fut un temps, pas très lointain où il fallait faire disparaître ces étendues d’eau, ces étangs, soi-disant porteurs de mille fléaux! On en est revenu heureusement et il faudrait saisir toute opportunité pour créer des zones humides sous formes de mares et d’abreuvoir pour la faune.... mais également pour introduire en Garrigue une flore aquatique et semi-aquatique.
Deux exemples :
1/ Un embryon de zone humide existe déjà au pied de le digue du basin du Rossignol ou la source pérenne du SANGLIER permettrait la création d’une mare
permanente. Les avantages : faciliter l’écoulement de la source - arrêter la fragilisation de la digue - créer un abreuvoir pour la faune - créer un
observatoire pour la faune et la flore de la Garrigue - créer un paysage insolite en Garrigue avec une présence permanente d’eau. 2/ une autre zone humide pourrait
très facilement être créée sur le site de la source de Font Vérage ( cadereau du VALLAT RIQUET:
CHARTE DE LA GARRIGUE : Il y a eu 4 éditions de la Charte de la Garrigue. 1ère édition 1984, 2ème édition 1986, 3ème édition 1988 et 4ème édition 1995-96, toutes rédigées par la municipalité.
LA GARRIGUE NIMOISE EST AGRESSÉE PAR : l’urbanisation intensive. - la pollution des sources et des nappes par des fosses sceptiques en mauvais état. - les incivilités et délinquances liées à l’urbanisation. - l’usage intensif de motos et d’autres véhicules tout-terrain. - la multiplication des décharges sauvages. - les nouveaux murs très hauts qui dénaturent la philosophie et l’historique de la garrigue.
LA GARRIGUE NIMOISE EST MENACÉE PAR : la création d’une rocade nord qui favoriserait l’extension de l’urbanisation. - le départ éventuel de l’armée. - la diminution de la surface des parcelles constructibles. - le débroussaillement insuffisant ou inexistant de certaines parcelles. - les risques d’incendie volontaires ou non.
QUE FAIRE POUR SAUVER CETTE GARRIGUE FRAGILE ?
Il faut: - stopper le projet de la rocade nord et limiter l’urbanisation. - étendre le réseau d‘assainissement. - mettre à jour une charte de la Garrigue reconnue par tous les Nîmois. - réhabiliter les 74 sources. - établir une réglementation pour la sauvegarde et le maintien des sources.
Qui la connait ?
... A vrai dire, peu de monde !
L’immense majorité des Nîmois habite en zone urbaine et bien peu d’entre eux connaissent la Garrigue. ( 24 000 ha )Pour ceux qui habitent en garrigue...leurs connaissances se limitent généralement à leur secteur et leur vallon.Ce sont les chasseurs qui circulent le plus en Garrigue et même chez eux on peut constater des connaissances partielles liées à leur secteur et à leurs habitudes de chasse; parmi les promeneurs et les randonneurs de Garrigue les connaissances sont limitées et ne vont pas au delà du pare-feu. Pourtant cette zone gagne d’être connue.
Les usagers les plus nombreux sont les militaires qui viennent faire leur footing matinal. On voit aussi des promeneurs avec leurs chiens ou des chiens seuls, des chevaux toujours montés et, malheureusement, des motos très bruyantes qui escaladent les digues, détruisent la flore et effraient la faune. Il y a aussi ceux qui viennent vider leurs camionnettes pleines de détritus.
L’homme est le plus grand prédateur sur notre planète...en Garrigue aussi il sévit. Il construit beaucoup trop en garrigue. L’homme pollue par défaut de réseau d’assainissement. Ses assainissements autonomes sont défectueux ou occultés. L’homme pollue les sources et les nappes phréatiques et diffuse cette pollution par l’usage des forages. L’homme ne “vit “ pas dans la garrigue, il y habite en s’enfermant dans ses murs. L’homme crée des décharges sauvages. L’homme promeneur jette papiers gras et bouteilles dans les sources...